lundi 20 décembre 2021

«La compétence directionnelle est nécessaire aujourd’hui plus que jamais»

Pour réussir, chaque entreprise a besoin de bons cadres, et quiconque entend diriger avec succès doit porter simultanément la casquette de «leader» et celle de «manager». Enzo Pontoriero, le délégué du CA de Gastroconsult, dévoile comment il a procédé durant cette crise.

La conduite de personnes est à la fois un défi et une tâche extrêmement importante. Dans la restauration, une hiérarchie très marquée prévalait traditionnellement. Les casseroles qui volent, le rugissement du chef de cuisine: cette scène décrit de manière pertinente le cliché populaire et impérissable du chef cuisinier colérique, bien que la plupart des chefs s’en soient écartés depuis longtemps, en particulier ceux qui ont du succès. Il n’est donc pas surprenant que les entrepreneurs remettent en question cette tradition. Quel style de conduite adoptez-vous?

Les trois styles classiques de conduite ont été définis par Kurt Levin (1890-1947). Il distingue entre les attitudes suivantes:

  • Le style de conduite autoritaire
    Le supérieur décide seul, donne des instructions et contrôle son personnel. Les collaborateurs s’exécutent simplement et n’ont pas le droit à la parole.
  • Le style de conduite coopératif
    Ici, les collaborateurs sont intégrés dans les affaires de l’entreprise et peuvent prendre des décisions eux-mêmes dans leur domaine d’attribution. Le cadre coordonne simplement les tâches de ses collaborateurs afin de parvenir au résultat souhaité.
  • Le style de conduite «laissez faire»
    Les collaborateurs jouissent de nombreuses libertés. Ils peuvent coordonner eux-mêmes leurs tâches et leurs objectifs, et décider comment ils souhaitent les atteindre. Le cadre n’intervient pas dans leurs activités.

Aucun style de conduite n’est soit bon soit mauvais. Tout dépend de la situation. A mes yeux, l’une des caractéristiques les plus importantes d’un leader est l’empathie. Diriger une équipe signifie pouvoir gérer des caractères différents. Chaque personne réagit différemment et gère certains sujets à sa manière. Le leader devrait adopter un point de vue clair, tout en étant capable de comprendre l’opinion des autres. Il importe de pouvoir exprimer les divergences d’opinions, de faire preuve de compréhension pour la façon de penser de son vis-à-vis, avant de poursuivre ensemble l’exécution des tâches communes. Comme cadre, il faut des forces quasi surhumaines pour faire face aux nombreuses exigences auxquelles celui-ci est confronté de nos jours. C’est d’autant plus difficile en temps de crise, puisque le cadre n’est, lui aussi, «que» un être humain qui, peut-être, a un mauvais jour ou des soucis personnels. Il est normal qu’il en soit ainsi parfois, et cela rend le leader d’autant plus authentique et humain.

Les entretiens personnels permettent d’avancer

En pleine période de pandémie de COVID-19, j’ai eu l’opportunité de reprendre la direction de Gastroconsult. Le plus important a été de se retrousser les manches et de s’y mettre. De veiller à ce que nos collaborateurs se sentent le mieux possible au vu des circonstances. Maintenir leur moral en dépit des grands défis. Se préoccuper de les motiver et de prévenir toute atteinte à leur santé. Comment ai-je fait? J’ai mené de nombreux entretiens par Zoom, par téléphone ou en personne (dès que cela a été possible). Ce sont les petits gestes personnels qui ont de grands effets et qui motivent les collaborateurs. J’ai le privilège d’être entouré d’un grand nombre de très bons collaborateurs, ce qui simplifie ma tâche de cadre.

Dans la restauration comme dans beaucoup d’autres branches, les affaires fonctionnent seulement quand tous collaborent. Dans l’hôtellerie-restauration, il est directement perceptible si et dans quelle mesure une équipe fonctionne bien, qu’il s’agisse des collaborateurs de la cuisine, du service, au bar ou encore derrière les coulisses. Tout doit être coordonné au mieux, à défaut de quoi l’assiette sera sale, le repas peu savoureux ou encore le chauffage défaillant dans le restaurant.

Pour une bonne prestation de services, il faut une équipe qui fonctionne bien et un leader qui s’acquitte en particulier de l’une de ses tâches essentielles: trouver les bons collaborateurs. Car un leader n’est pas le meilleur en tout, mais il trouve les bonnes personnalités pour les différents domaines et les réunit au sein d’une équipe.

La compétence directionnelle est requise plus que jamais dans la situation actuelle. Il faut des idées créatives, de la persévérance, de la joie, des capacités de coaching, et surtout du calme et de l’optimisme. Ce que le leader rayonne est immédiatement perçu par son entourage et ses collaborateurs. Etre positif dans une situation difficile n’est pas naïf, mais une qualité importante du leader.

Auteur: 
Enzo Pontoriero
Délégué du CA
Président de la direction

Cookies et protection des données

Ce site web utilise des cookies temporaires. En restant sur ce site web, vous consentez à l'utilisation de ces cookies. Ces cookies seront supprimés de votre navigateur lorsque vous quitterez ce site web. Vous trouverez de plus amples informations sur les cookies et la confidentialité ici : Déclaration de confidentialité.